L’alyte ou crapaud accoucheur

Fraiture a la chance d’abriter une belle population du petit crapaud accoucheur ou alyte (Alytes obstetricans). Ici, on les appelle les « clouk’três » en wallon!

Couple en amplexus

Lorsque les partenaires se rencontrent, le mâle étreint la femelle avec ses membres antérieurs ou bien celle-ci l’excite en lui donnant de légers coups de museau.

  1. dans un premier temps, le mâle étreint la région lombaire de sa partenaire (on parle d’amplexus lombaire), puis il lui frictionne les parois de l’orifice cloacal par des mouvements alternatifs de ses pattes postérieures. Il y introduit ses orteils et en sort un double chapelet d’ovocytes qu’il dépose dans le réceptacle en losange formé par ses pattes postérieures et celles de sa partenaire.
  2. dans un deuxième temps, le mâle change de position. Il agrippe la femelle par le cou et arrose les ovocytes d’un mélange de sperme et d’urine. Le premier pour féconder les œufs, le second pour les humidifier afin de permettre aux spermatozoïdes de se déplacer.
  3. dans une troisième phase, après une pause, le mâle fixe les œufs sur ses pattes postérieures en enfonçant alternativement ses tarses dans la masse des œufs. Les cordons ovulaires remontent alors le long de ses jambes.

Les œufs enflent pour atteindre la taille de 5 mm de diamètre puis durcissent. Ils sont alors entourés d’une gangue externe épaissie, de couleur jaunâtre à marron, assurant leur protection.

Le crapaud accoucheur mâle peut courtiser plusieurs femelles et porter simultanément les pontes de 2 femelles, voire de 3 ou 4. La femelle, quant à elle, peut pondre 2 à 4 fois par an. Chaque année, le mâle peut porter successivement plusieurs masse d’œufs, jusqu’à 3 en plaine. Par contre, en altitude, l’un comme l’autre ne s’accouplent qu’une seule fois.

Le mâle se réfugie souvent dans un terrier humide où les œufs ne sèchent pas. Dans des conditions sèches, il se rend tous les soirs, au point d’eau pour les faire tremper.

Les œufs se développent sur le dos du mâle pendant 3 à 8 semaines avant qu’il ne les dépose dans l’eau juste avant leur éclosion. Les jeunes têtards sortent peu à peu de leur coquille et restent dans l’eau. Plus vigoureux que les têtards des autres amphibiens, ils ont un meilleur taux de survie, supérieur à 40 %. La métamorphose des têtards peut intervenir avant l’hiver (2 à 5 mois après l’éclosion) ou après l’hivernage (9 à 15 mois plus tard).

En plaine, le mâle peut se reproduire à 1 an, la femelle à 2 ans. Sa durée de vie peut atteindre 5 ans.

Mâles portant les pontes

Têtards pouvant mesurer 8 cm de longueur!

Alors que le crapaud adulte n’est pas bien grand (max 5cm)

Dès les premiers beaux jours et jusque fin juillet, leurs chants flûtés égaillent douces soirées. C’est souvent signe de beau temps! 😉

Ce petit crapaud est une espèce protégée qui subit les dégradations de son environnement (comblement des zones humides) et souffre localement du rejointoiement des vieux murs qu’il habite.

Les alytes accoucheurs sont tellement plats, petits et agiles qu’ils se faufilent et grimpent partout! Ils rentrent volontiers dans la maison et chantent parfois dans la cave. Ils passent sous les portes et se retrouvent parfois coincés dans un récipient (seau, bol d’eau du chat,…) duquel ils ne peuvent plus remonter. Ici, un jeune de l’an passé tombé dans un bol gradué!

 

 

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