Moyens de lutte contre le frelon asiatique (Vespa velutina)

N’ayant pas encore été confronté personnellement à l’envahisseur, je me propose à travers cette page, d’énumérer un certain nombre de moyens de lutte contre le frelon asiatique.(Je ne cautionne ni encourage aucune méthode par le biais de cette page!) L’expérience française nous sera bien utile à l’avenir bien que je reste persuadé d’une invasion plus modérée en Belgique en raison surtout de conditions climatiques moins favorables.

Il existe plusieurs moyens de lutte en agissant, soit au niveau des individus (fondatrices et ouvrières) soit au niveau du nid entier, soit encore un mélange des deux (méthode kamikaze).

Au niveau des individus:

*Une méthode chronophage pour ceux qui n’ont que ça à faire: la chasse à la raquette électrique!

*Piégeage des individus.

En cas d’attaque de Frelon asiatique sur un rucher et uniquement dans ce cas. Il faut poser des pièges à sélection physique (pour diminuer l’impact sur les autres espèces), de préférence avec comme appât du jus de vieille cire fermentée (appât qui a donné de bons résultats dans ces conditions), mais il faut poser les pièges uniquement au niveau du rucher (Rome et al., 2011a). Pour éviter que les pièges à guêpes et frelons ne piègent aussi les abeilles, il est absolument impératif de ne pas mettre un attractif sucré à l’intérieur (exclure le miel notamment) mais un attractif protéiné disponible en jardinerie ou chez les revendeurs de matériel apicole. Le mélange bière brune, cassis, vin rouge est tout aussi attractif pour le frelon et refusé par l’abeille. Ceci permet de diminuer la pression de prédation et d’affaiblir les colonies du frelon. Ces pièges doivent être en général posés à partir du mois de juin et jusqu’à la fin de la saison de prédation (octobre à mi-novembre).

Éviter le piégeage des femelles fondatrices de Frelon asiatique. C’est en effet la période de l’année où la lutte contre Vespa velutina est la plus vaine (Monceau et al., 2012 ; Rome et al., 2013b). Cette espèce produit de très nombreuses femelles fondatrices (plus de 500 pour un gros nid), et le printemps est la période où la mortalité des fondatrices de frelons comme de guêpes est la plus élevée, en grande partie du fait de la compétition intervenant entre individus d’une même espèce. Détruire certaines fondatrices à cette période ne fait que laisser la place à d’autres (Cottam, 1948 ; Thomas, 1960 ; Gamboa, 1978 ; Edwards, 1980 ; MacDonald & Matthews, 1981 ; Bunn, 1982 ; Matsuura, 1984 ; Donovan, 1991 ; Archer, 2010 ; Archer, 2012).

Exemple de piège sélectif

piege-selectif-frelon-asiatique-velutina

Par contre, l’utilisation de l’abat-guêpe est très sélectif. C’est un outil facile à réaliser soi-même en utilisant une baguette de trente centimètres dont l’extrémité sera engluée (colle à rat, colle arboricole). Comme le montre la vidéo, la capture s’effectue par un « touché collé ». C’est un moyen de lutte alliant sélectivité et respect de l’environnement qui permet la capture des jeunes fondatrices appâtées au printemps sur des mangeoires contenant cires, bière brune, miel et protéines (viande de poisson, crevette). En se rendant toutes les deux ou trois heures près de la mangeoire, on peut éliminer facilement les fondatrices présentes sans toucher en aucune façon les insectes utiles (bien au contraire puisqu’ils trouvent une source d’alimentation dans la mangeoire). L’approche d’une fondatrice est particulièrement bruyante et caractéristique.

Pour exploiter le principe de « territorialité » et limiter la propagation de l’espèce, il faut impérativement arrêter la capture des fondatrices errantes dès qu’un nid prospère est localisé dans ou aux abords de votre propriété afin de ne pas en tuer « sa » reine. Ce nid se chargera d’interdire l’implantation d’une colonie cachée et hors contrôle. Il sera détruit mi-juillet, période à partir de laquelle les fondatrices ne sont plus en mesure de conduire à terme une nouvelle colonie.

La méthode « Kamikaze » ou de l' »appât régulateur »

 

Le principe est simple: Un appât (du poisson par ex) qui contient un insecticide rapporté au nid par les ouvrières et régurgité aux larves. Appât destiné à réguler la pression du frelon asiatique dans et aux abords des ruchers. Il contient un insecticide rapporté au nid par les ouvrières et régurgité aux larves suivant le principe de la trophallaxie propre aux insectes de société. Benzoylurée et ou analogue d’hormone juvénile, le principe actif de l’insecticide utilisé a pour effet d’inhiber la fabrication de la chitine par les jeunes larves qui ne peuvent ainsi constituer leur exosquelette. L’activité du nid s’éteint en quelques jours, qu’il ait été localisé ou pas.. Les essais ont été conduits en 2010 et 2011, au printemps, lors du réveil des fondatrices, recoupés et confirmés en milieu de saison (juillet-août). Il en ressort deux effets intéressants, l’échec de la fondation (au printemps) et la spectaculaire régression de la colonie dès la mise à disposition de l’appât en cours de saison. Le produit contient un attractif frelon qui se trouve être un répulsif pour les abeilles. Limités aux abords des ruchers, quelques dégâts collatéraux vis-à-vis de l’espèce Vespa (Crabro en particulier) sont enregistrés, ils seront de toutes manières bien moins impactants pour l’espèce que la généralisation du piège bouteille et la prédation perpétrée par Vespa velutina sur l’ensemble de l’entomofaune de notre pays.

Une variante consiste à attirer les ouvrières (avec du jus cirier ou du poisson par ex.) et à les « farcir » d’une pâte insecticide. J’ai des doutes quant à l’efficacité du procédé vu la toxicité du produit utilisé et de la faculté de l’ouvrière à y survivre jusqu’au retour à son nid…

 

 

Au niveau des nids:

 

La destruction des colonies reste la méthode la plus efficace pour diminuer les populations de Frelon asiatique. Encore faut-il les repérer…Celle-ci doit se faire le plus tôt possible et jusque mi-novembre. Le Frelon asiatique étant diurne, les nids devront être détruits à la tombée de la nuit ou au lever du jour. Ainsi la quasi-totalité de la colonie pourra être éliminée. La destruction des nids au cours de la journée (notamment à l’aide d’une lance à eau ou d’un fusil) fait augmenter considérablement les risques d’accident. Tous les individus volant hors du nid ne seront pas tués et pourront rapidement reconstruire un nid à proximité ; ils resteront en outre très énervés plusieurs jours durant, ce qui augmente les risques de piqure pour le voisinage. Si la reine est encore vivante, la colonie pourra encore produire des mâles et des femelles sexués, mais si la reine est morte, la colonie ne produira plus que des sexués mâles ; dans les deux cas, l’activité de prédation sera poursuivie. À ce jour, les meilleures techniques de destruction utilisent une perche télescopique pour injection d’insecticide. Il faudra ensuite descendre le nid et le brûler pour que les insectes morts et l’insecticide ne soient pas consommés par les oiseaux. Le dioxyde de soufre (SO2) n’est toxique qu’à l’utilisation mais n’est pas autorisé pour cet usage. Si le nid est accessible, il est possible de le détruire sans insecticide à la tombée de la nuit, en bouchant le trou d’entrée avec du coton, puis en enfermant le nid dans un sac avant de le détacher et de tuer la colonie par congélation. Il faut toujours être équipé d’une combinaison de protection spéciale contre les frelons.

 

Sources:

http://frelonasiatique.mnhn.fr/lutte/   

http://anti-frelon-asiatique.com/

 

A suivre…

 

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