Protection hivernale des plantes frileuses (exotiques et palmiers)

Suite à la demande croissante des apprentis-jardiniers exotiques voici une page consacrée à la protection hivernale de plantes limites pour une région donnée. Ici en Belgique en zone usda 8, bon nombre de palmiers et plantes exotiques peuvent se débrouiller sans protection particulière comme Trachycarpus fortunei et Chamaerops humilis à condition que les plantes soient bien installées et en exposition appropriée.

Carte de répartition des zones climatiques pour l’Europe
carte usda zones climatiques europe

Protection hivernale des plantes frileuses (exotiques et palmiers)

Ces zones sont établies sur base des moyennes de températures hivernales minimales. Evidemment, bon nombre de facteurs influencent ces températures dans un sens comme dans l’autre comme l’exposition par rapport au soleil et aux vents dominants.
La présence d’abris naturels ou anthropiques (maison) peuvent faire gagner de précieux degrés. L’acclimatation de végétaux hors de leur zone de rusticité respective est néanmoins possibles par le choix judicieux du site de plantation mais également par la mise en place de protections hivernales appropriées. Il faut garder à l’esprit que, sous nos climats, ne sont réellement critiques que 2 ou 3 semaines sur l’hiver et qu’il serait dommage de ne se limiter qu’aux végétaux susceptibles d’appartenir à la zone de rusticité théorique de sa région.
Pour la liste de rusticité des palmiers, je vous renvois à 1 site de référence: un tableau excel théorique récapitulatif élaboré par Thierry Viard(Palmae) —-> rusticite_palmiers

Voici à présent une technique de protection qui a fait ses preuves chez moi et que j’utilise pour les spécimens hors de leur zone de rusticité théorique mais également pour tout spécimen nouvellement planté, les 2 premiers hivers étant souvent critiques, même pour des plantes de rusticité avérée.
J’ai pris pour exemple un Jubaea chilensis d’une quinzaine d’années que j’ai reçu quasiment en racines nues, ce qui justifiait amplement sa protection.

La première étape consiste à regrouper les palmes, ce qui premièrement offre une première protection pour le bourgeon terminal et qui deuxièmement, limite l’encombrement du palmier.

protection hivernale palmier

La seconde étape est la mise en place de piquets destinés à soutenir la structure. Un grillage où est entortillée une guirlande lumineuse est ensuite disposé autours du feuillage en veillant bien à poser quelques enroulements au sol afin d’en éviter le gel.
protection hivernale palmier

La guirlande utilisée ici est celle que l’on trouve pour décorer les maisons à la Noël. Elle consiste en un tube plastique souple où sont noyées un certain nombre d’ampoules à incandescence. Outre le fait de produire de la lumière, ces guirlandes dispensent aussi une douce chaleur bien intéressante dans notre cas. Il faudra bien entendu adapter la longueur de la guirande en fonction de la taille de la plante à protéger et du degré d’isolation de la protection.
Malheureusement ce type de guirlande sera bientôt introuvable…merci à la technologie LED! :-/
protection palmier guirlande

Vient ensuite une couche de laine de roche dont l’épaisseur dépendra de votre climat et du type de plantes à protéger.
Protection hivernale des plantes frileuses (exotiques et palmiers)

L’étanchéité du dispositif est assuré par la pose d’un plastique ondulé.
Protection hivernale des plantes frileuses (exotiques et palmiers)

La protection sera chapeautée d’une plaque de plastique, soit ondulé (et doublée d’un isolant genre plastique à bulles par ex.) soit de polycarbonate. Il est IMPERATIF de laissé ce couvercle entre-ouvert par pose d’une cale en période douce ou en cas de soleil sous peine de griller le palmier et de le faire pourrir par conjugaison de la chaleur et de l’humidité.
Protection hivernale des plantes frileuses (exotiques et palmiers)

Quelques conseils pour terminer:

-ne protéger qu’en cas de gel, on voit souvent des palmiers enmitoufflés de novembre à mars! Si aucune aération n’est prévue, c’est la mort assurée par excès de température en cas de soleil et par excès d’humidité dû au confinement.

-ne protéger que les espèces le nécessitant réellement! Un palmier a, dans ce cas, plus de chance de mourir par excès de protection que par le froid proprement dit.

-en cas d’utilisation d’une guirlande, bien s’assurer de la température dans la protection. Le risque de surchauffe est réel en cas de sur-dimensionnement de la guirlande, de température extérieure pas suffisamment basse et du degré d’isolation. Le must étant l’emploi d’une sonde réglable pour déclencher le chauffage à une température de consigne.

-ne pas négliger les riques d’utilisation de matériel électrique à l’extérieur!

-pour les petits spécimens peu emcombrants (Chamaerops et Chamaedorea par ex), une simple boîte en frigolite retournée sur la plante fera souvent l’affaire

-un bon paillage du sol permet d’en éviter le gel en profondeur

-ne pas sous-estimer la prise au vent des protections: il n’est pas agréable de tout remettre en place à 23h en pleine tempête de neige…Un bon ancrage au sol de la structure est donc vivement recommandé!

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