Fabriquer un gaufrier à cire

Depuis la crise des cires gaufrées frelatées du commerce, bon nombre d’apiculteurs cherchent des solutions pour limiter les intrants dans leur apiculture.

Dans cette optique, le recyclage des cires d’opercules et, dans une moindre mesure, des brèches NON-CONTAMINEES (folles bâtisses, recoupe de cadres à mâles,…), apparaît comme une solution possible.

Comme je l’ai souvent mentionné, on pourrait très bien se contenter d’amorces lisses. Mais il est assez difficile d’en contrôler l’épaisseur et donc, la solidité. La structure en « nid d’abeilles » a fait ses preuves dans l’industrie et est reconnue pour conférer le meilleur rapport solidité/quantité de matière aux matériaux. C’est le pourquoi de ce bricolage: essayer d’avoir des amorces plus solides et d’épaisseur constante. Je ne compte pas devenir un pro du gaufrier, je n’en ai pas le temps et je n’ai pas suffisamment de cire pour en faire une activité rentable. C’est pour cela que je n’irai pas très loin dans les essais: je vous propose juste une idée de bricolage! 😉

Je me suis inspiré de divers articles donc celui de Mathieu Angot des Ruchers de l’An 01 ( Lien ICI ). J’ai choisi de réaliser un modèle de gaufrier « Dadant hausse » car je n’utilise plus de feuille de corps complète et aussi, histoire de ne pas gâcher trop de matériel. Evidemment, tous les formats sont possibles et adaptables.

Le matériel:

*du silicone alimentaire. J’ai choisi ici une qualité pas trop onéreuse (+/-40€/kg). Ici, c’est wagnersil 26LE de chez Wagner Dental (trouvable sur Ama*on). Pour 2 matrices de format hausse de 1 cm d’épaisseur, le kg y est passé! Pour le calcul; surface de la matrice: 41X13= 533cm², donc si 1cm d’épaisseur —>il faudra +/- 500cm³ de silicone (densité 1.05).

Malheureusement, après réticulation, le silicone demeure poisseux et collant. Ne pas hésiter à investir dans une qualité supérieure comme celui ci-dessous qui semble avoir fait ses preuves (dispo ICI par exemple)!

*du contreplaqué. J’ai utilisé des chutes de panneau de 12mm d’épaisseur; c’est un peu fin et soumis au cintrage. Le 18mm est sans doute mieux adapté.

*des vis, des charnières, une poignée et des cornières en pvc

Allez, on y va!

 

Après découpe des panneaux à dimension: pose d’un « coffrage » sur le premier morceau. Toutes les faces intérieures sont recouvertes de ruban adhésif pour éviter l’accroche du silicone. S’assurer de l’étanchéité du montage!

Mise en place de la feuille de cire qui servira de pièce à mouler

 

Préparation du support de la première matrice. Des vis à tête conique constitue un maillage sur le panneau, une fois noyées dans le silicone, elles assureront la bonne cohésion entre le panneau et la matrice en silicone. Pour une matrice de 1cm d’épaisseur, on laisse les têtes de vis dépasser de 0.5cm.

 

 

500g de silicone sont préparés (250g de chacun des composants dans ce cas-ci). Le mélange doit être bien homogène.

 

Le mélange est vibré pour éliminer les dernières bulles d’air et le panneau est posé, têtes de vis vers le silicone! Si le coffrage est ajusté au mm, le panneau « flotte » sur le silicone et les débordements sont évités. Sinon de petites cales seront ajoutées temporairement au panneau afin qu’il ne s’enfonce pas trop dans le silicone.

 

Après réticulation du silicone (+/-6h à 22°C), le coffrage est démonté en laissant en place la feuille de cire sur le premier moulage! Il est important de garder le motif de la feuille de cire d’origine! Tout décalage occasionnera un défaut dans la structure du rayon.

Par transparence, on voit bien dans la cellule du centre de la photo, que le fond d’une alvéole d’une face est composée par les arêtes du fond des cellules de l’autre face.

En vue de coupe, j’ai schématisé l’emplacement de la feuille gaufrée avant étirement du rayon par les abeilles.

 

Le coffrage est ensuite remonté sur la première matrice avec la feuille de cire vers le haut! Coulage du silicone de la 2ème matrice et mise en place du 2ème panneau à vis…

Démoulage du montage avec séparation des 2 matrices au niveau de la feuille de cire.

Un coffrage définitif en bande de pvc épais est monté sur la matrice inférieure.

Les charnières sont posées. On doit remettre une feuille de cire lors de cette étape, elle permet de respecter la géométrie et déterminera l’épaisseur du moule.

Des cornières en pvc sont posées sur la tranche avant des matrices afin de les protéger lors du grattage des coulures de cires avec une spatule métallique! 

Quelques rapides essais ont permis de fabriquer des amorces tout à fait satisfaisantes! 

 

Néanmoins, je n’arrive pas à faire des feuilles entières. Elles cassent dans le gaufrier avant démoulage: qualité du silicone (collant)?. De l’eau savonneuse appliquée sur les matrices avant coulage aide au démoulage. Il faut aussi jouer sur la température de la cire et comme d’habitude, certains disent 70°C, d’autres 80°C,… Il est aussi souvent mentionné que la cire d’opercules pure est trop cassante pour le gaufrage, il faudrait la mélanger à de la cire de brèches…

Bref, beaucoup de choses à ajuster!! (Mais je n’ai pas le temps de tester tous ces paramètres!)

Dernière chose, ce gaufrier a un prix de revient de moins de 50€!

Le mode d’emploi en vidéo! 

Bon bricolage! 😉

 

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13 reflexions sur “Fabriquer un gaufrier à cire

  1. Guy Dabonot

    Bonjour Fréd, merci pour ta démonstration.
    A chaque extrémité de la plaque de cire tu as laissé environ 5 mms de jeu. Lors du deuxième moulage de silicone comment isole tu ces deux extremites de façon à ce que le silicone ne colle pas à la première face ?
    Bien cordialement
    Guy D.

    1. Fred l'Apiculteur Auteur de l'article

      Bonjour Guy!
      Bien vu, j’ai oublié d’en parler! Je mets un peu de vaseline avec un fin pinceau sur la butée en silicone de la première matrice avant de couler la 2 ème.
      A+
      Fred

  2. denis richard

    Bonjour Fred.

    Je suis entrain de faire mon gaufrier à cire suivant vos explications. Je voudrais être sûr d’avoir bien compris.

    J’ai découpé les éléments bois du moule. J’attends la livraison du silicone.

    Après avoir coulé le premier silicone sur la cire je place la deuxième matrice avec les vis dessus pour qu’elles se noient dans le silicone.

    Après durcissement je demonte tout et refait un « coffrage » avec cette matrice avec le feuille de cire au dessus (elle devient donc la partie inférieure du moule) et j’y verse la deuxième moitiée du silicone. Est ce que je dois également mettre des vis sur la matrice que je vais venir plaquer dessus est qui dsera la partie mobile du moule? je dirais que oui mais je voudrais être sûr.

    Merci

    1. Fred l'Apiculteur Auteur de l'article

      Bonjour Denis,
      Oui, c’est tout à fait ça!  » Le coffrage est ensuite remonté sur la première matrice avec la feuille de cire vers le haut! Coulage du silicone de la 2ème matrice et mise en place du 2ème panneau à vis… »
      A+ et bon bricolage!

  3. thimonier

    les vis peuvent être évitées en faisant de légères rainures dans le contreplaqué de 18 mm avec une scie circulaire portative

      1. Laurent

        Bonjour à tous.

        Je ne suis qu’un petit bricoleur pais il me semble qu’il faudrait réaliser des rainures en formes de queue d’aronde pour éviter que le silicone ne sorte de la rainure.
        ……………….
        Ne croyez vous pas qu’un morceau de grillage (inox alu ou galva ) étiré, agrafé assurerait la meilleur répartition de la fixation.

        (Un peu comme lorsqu’on veut fixer un enduit sur un support non fiable)

  4. Laurent

    Bonjour à tous, tout d’abord, un grand merci à l’auteur pour ce tuto plutôt pas mal et réalisable par un bricoleur sans trop de moyens.
    ……….
    MA PETITE PRESENTATION.
    ……….
    Retraité.
    Pour info, je fabrique mes ruches et mes cadres et tout ce que je peux par plaisir et par manque de moyens financiers.
    ……….
    Faire ses cires gaufrées étaient semble t il avant (dans les années 50 / 60 … la grande époque de Système D selon moi) une chose presque courante chez les apiculteurs avertis.
    ……….
    MAIS:
    Le problème est qu’à mon avis, les industriels ont flairé le filon et ont constaté qu’il valait mieux vendre de la cire que la machine servant à la fabriquer.
    Et pour info, il semble que certains rajoutent de la vaseline à la cire pour la rendre moins cassante.
    ………
    J’ai un livre d’apiculture dans des années 50 dans lequel l’auteur explique qu’il utilise a fabriqué un moule en plâtre de Paris. ( plâtre très fin).
    Il le lubrifie à l’eau savonneuse et le fait tremper dans l’eau avant usage. (pas très longtemps j’imagine)
    ………
    C’est pourquoi, je me suis demandé s’il ne vaudrait pas mieux utilisez un silicone plus rigide (Les machines professionnelles étant en métal.
    ………
    Ce n’est que le simple fruit de ma réflexion.
    Peut être quelqu’un a il déjà essayé et pourrait nous faire par de son expérience.

  5. baudier

    RE

    Pour ceux que cela pourrait intéresser, il s’agit du livre:

    Encyclopédie agricole, APICULTURE

    de R. HOMMEL édité chez JB BAILLIERE et FILS à PARIS 1947.

    R HOMMEL était ingénieur agronome, Directeur de l’agriculture d’Alsace et de Lorraine.

    Le procédé:

    On réalise deux cadres avec des liteaux de 3×3. ( dimensions intérieures: celle de la feuille que l’on veut réaliser)

    On installe deux charnières permettant de les refermer sans sur-épaisseur.

    On ouvre l’appareil réalisé et on le pose sur une surface plane. (côté intérieur sur la surface)

    On place un feuille de cire dans un des deux côtés. (dans le livre, l’auteur prescrit de huiler très légèrement toute la surface de la cire pour permettre le décollage)

    Ensuite on coule un plâtre très fin ( plâtre de Paris) jusqu’au niveau des liteaux.

    Lorsqu’il est sec, On referme l’appareil, on huile l’autre côté de la feuille et on coule du plâtre de Paris.

    On laisse sécher.

    Et on retire la feuille.

    L’auteur indique que par la suite on peut rajouter deux ou trois traverses pour renforcer la solidité.

    Avant de s’en servir, il faudrait le laisser tremper trois heures dans l’eau.

    Puis on confectionne la première feuille en versant de la cire liquide sur une face du gaufrier puis rapidement on referme. On attend un instant et on ouvre et retire la feuille.

    Une fois la feuille retirer, il mouille le gaufrier mais simplement avec une éponge et recommence.

    L’auteur assurait qu’il pouvait faire 50 feuilles à l’heure avec cet engin.

    Je n’ai pas essayé mais en fait, c’est le même principe que Fred. La résine étant plus solide, plus moderne mais plus cher.

    Pour info:
    Le plâtre de Paris quant à lui ne vaut qu’environ 4 euros du kilo chez Casto.

    Si ça fonctionne un peu de matos de récup et 4 euros de plâtre…..

    Par contre, je me pose une question, l’air contenu dans le haut du moule ne pouvant s’évacuer, il doit y avoir des manques dans ces feuilles moulées non?

    1. baudier

      Bonjour

      et désolé si j’ai écrit « une connerie » quant au prix de revient.

      A mon avis un kilo de plâtre de Paris ne seront pas suffisants donc 4 euros de prix de revient et une erreur.

      J’ai commencé à réaliser le projet.

      Je vous tiendrai au courant de mes aventures ou de mes déconvenues.

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