Miellat

En cette année de sécheresse extrême, les risques qu’une miellée de miellat se déclenche étaient très élevés! Et ce fut le cas! 😉

Gouttelettes de miellat tombées sur les feuilles du sous-bois

Je viens de rentrer une série de hausses de miellat quasiment pur vu que plus aucune floraison significative n’était en cours. Dans ce cas-ci, il s’agirait de miellat d’arbres feuillus, chêne principalement.

Pour rappel, le miellat  est un liquide épais et visqueux excrété par des insectes piqueurs suceurs (pucerons, cochenilles, etc.) qui se nourrissent directement de sève élaborée de certains arbres, rejetant par leur tube anal ce liquide, sous forme de gouttelettes, qui se dépose sur les feuilles, tombe dans le milieu environnant ou est collecté par d’autres insectes. Ce liquide est issu des produits de la digestion qui ne sont ni assimilés ni transformés (90 à 95 % sucres et un peu d’acides aminés). Les abeilles le récupèrent et le transforment comme elles le feraient pour du nectar de fleurs. Il en résulte un miel très foncé, aux notes boisées, de sirop d’orge malté, de caramel ou de sirop de Liège! Certains amateurs en sont très friands! Le miel de forêt et le miel de sapin (spécialité des massifs montagneux comme les Vosges par exemple) sont issus de miellats!

Nutritionnellement parlant, le miellat est très riche en minéraux, oligoéléments et en acides aminés (plus que les miels de nectar).

Peu de recherches ont été réalisées sur le miellat. Mais une étude récente vient d’évaluer les capacités antioxydantes d’un miel de nectar et d’un miel de miellat provenant de la même source botanique : le saule. Les auteurs rapportent des valeurs antioxydantes plus importantes pour le miel de miellat qu’ils attribuent à la présence de composés spécifiques dans ce miel (1).

Enfin, des chercheurs slovaques ont évalué le potentiel antimicrobien du miel de miellat comparativement au miel de Manuka (UMF15+)(2) sur des souches pathogènes nosocomiales multirésistantes prélevées sur des patients atteints de cancer. Les auteurs de cette étude concluent que le miel de miellat possède une plus grande activité antibactérienne que le miel de Manuka et pourrait à ce titre être utilisé comme agent potentiel pour lutter contre les souches cliniques multirésistantes (3).

Seul inconvénient du miellat, il ne convient pas pour l’hivernage des abeilles car il laisse plus de résidus dans leur tube digestif pouvant entraîner des dysenteries en cas de claustration trop prolongée.


1. Tuberoso. CL et al. 2011, Chem. Biodivers.

2. Unique Manuka Factor, c’est-à-dire avec une concentration de 15 % de phénols, puissant antiseptique.

3. Majtan. J et al. 2011, Phytother.

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Une réflexion au sujet de “Miellat

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