Pourquoi des ruches en plastique?

On me demande souvent : « Pourquoi des ruches plastiques » ? C’est vrai que de nos jours , le plastique est souvent, et à juste titre, décrié et mis au ban de la bonne conduite écologique.

J’ai, pendant de nombreuses années, utilisé des ruches en bois avec satisfaction, mais des inconvénients sont aussi inhérents à ce matériau naturel.

Tout d’abord l’entretien ! J’ai horreur des travaux de peinture…et il faut bien avouer qu’en plein vent, le travail est à refaire régulièrement, ce qui n’est pas sans poser un certain nombre de problèmes organisationnels ; transvasement de la colonie dans une autre ruche le temps de travaux de rafraîchissement, etc.  Le trempage dans l’huile de lin est également à refaire régulièrement. Quant à la cire microcristalline, elle est, rappelons-le, un dérivé du raffinage du pétrole au même titre que le plastique…

Même bien entretenues, les ruches en bois se dégradent inexorablement et des fissures, des déformations ne tardent pas à apparaître. Il en résulte souvent des problèmes d’ajustement et d’étanchéité  des fonds ou des hausses. Le plastique utilisé pour les ruches Nicot est de très bonne facture, anti-UV en plus d’être de qualité alimentaire. Je n’ai pas connaissance d’exemple de ruche en plastique déclassée, dépassée par la limite d’âge…les ruches plastiques survivront sans doute à l’apiculteur et feront sans doute partie de son héritage ! De plus, ce type de plastique est intégralement recyclable.

L’entretien des ruches Nicot se résume à un grattage et éventuellement un nettoyage à la javel ou à la soude.

En résumé, je retiens donc comme principaux avantages de la ruche plastique ;

*la standardisation du matériel et le parfait ajustement de tous ses éléments.

*le gain de poids, très intéressant pour ceux qui veulent ménager leur dos (je ne ferai pas de dessin à ceux qui me reprochent l’emploi de ce type de ruche…) !

*la facilité d’entretien

*la durabilité

*le prix compétitif

Par contre, le seul (gros) désavantage pour moi se situe au niveau de l’hivernage. Le plastique est froid et sujet à la condensation en cas de pont thermique. Ce problème apparaît surtout si le nourrisseur est laissé sur la ruche en hiver; cela favorise l’apparition de gouttes d’eau qui ont tendance à mouiller les abeilles présentes sur les têtes de cadres! Il en résulte une grappe d’abeilles qui se cantonne aux ruelles sans vraiment s’étaler contre le couvre- cadres, ce qui limite les échanges au sein de la grappe. Pour remédier à cela, dès le nourrissement terminé, je remplace le nourrisseur plastique par un couvre-cadres en bois et je place un isolant par-dessus.

Avantage pour le bois dans ce cas-ci ! A noter que mes tests en cours sur les ruches Lyson en polystyrène auraient tendance à  plébisciter cet autre matériau moderne au niveau hivernage. Le bilan sera réalisé au printemps prochain !

On pourra enfin regretter l’aspect un peu terne et uniforme d’un rucher Nicot. C’est vrai…mais la couleur brune s’intègre parfaitement à la plupart des paysages et attire moins l’attention que des ruches multicolores, ce qui est non-négligeable dans les endroits passants.

A mes yeux, la ruche parfaite n’existe pas, que ce soit éthiquement, techniquement ou au niveau du bien-être des abeilles; chacun choisira son type de ruche en fonction de son apiculture, de son expérience et de sa réussie

Article également publié dans les actualités de Beebox World.

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23 reflexions sur “Pourquoi des ruches en plastique?

  1. Blot

    J utilise aussi des ruches nico plastic
    Je trouve pas facile de netoyer les nourisseurs au niveau des caches plastic
    As tu une solution
    Esque je peux venir te voir

  2. Michel Sagaert

    La couleur, la trentaine de cloisons intérieures entre les deux parois amènent une très forte augmentation de la température dans la ruche en plein soleil, presque un four solaire.

  3. Rouy Christian

    Bonjour à tous.
    Personnellement j’utilise les deux types de ruches. (Bois et Nico)
    Je ne vois pas de différence sur la qualité de vie des abeilles. Mais pour moi, l’avantage est à la ruche Nico. ( entretien facile et moindre poids)
    Pour l’entretien de tous les éléments Nico, c’est trempage dans de la lessive de soude à 50° et rinçage Karcher. Tout ressort comme neuf.
    Je regrette même que Nico ne fasse pas de ruchette et de mimi +.
    Je déteste le polystyrène qui vieillit très mal.

  4. soufi

    Merci pour cet article.Le problème ,ici en Algérie ,c’est qu’on ne peut pas utiliser les ruches en plastique ,à cause de la canicule .Parfois ça dépasse 41° .

  5. Matthieu

    Pour mettre tout le monde d’accord sur le plastique ou non :

    – utiliser du plastique = pomper du pétrole que les générations futures n’auront pas, et qui finira en ajout de CO2 dans l’atmosphère s’il est incinéré, ou en particule polluante s’il est enfuit.

    – utiliser du bois = utiliser un matériau qui a stocké du CO2 pompé dans l’atmosphère, ce qui permet de limiter le réchauffement climatique. A la fin de la vie de la ruche, on peut la brûler en chauffant sa maison l’hiver. On rejette du CO2, mais qui a été absorbé par la nouvelle ruche construite.

    Le bois fait partie du cycle, le pétrole pollue.

      1. Matthieu

        ??!
        Evidemment que ma vie est loin d’être 100% sans pétrole.
        Je ne fais pas de leçon, ce qui compte c’est de réfléchir.
        Si on remplace tout ce qu’on fabrique en bois par du pétrole (ce qui est déjà en grande partie fait dans nos sociétés), on vide d’autant plus les réserves de pétrole, tout en polluant l’air, l’eau, les sols par des particules difficilement dégradables et mal acceptés par les organismes vivants. Cdt.

        1. Fred l'Apiculteur Auteur de l'article

          Dans mon cas, ce n’est pas de gaieté de coeur d’avoir opté pour le plastique. C’est un choix réfléchi, très réfléchi. Sans ces ruches, j’aurais probablement arrêté l’apiculture suite à mes problèmes de dos. Mes ruchers sont également très exposés et le bois se détériore rapidement sans traitement sérieux (la peinture suédoise ne convient pas…). Dans ma vie de tous les jours, je consomme très peu, je jette encore moins, je récupère et répare beaucoup, je produis 90% de ce que je mange, j’ai planté tant d’arbres que je ne parviens plus à les compter… Je suis dans la sobriété heureuse pour paraphraser Pierre Rabhi. De plus, je pense que les ruches plastiques me survivront : le calcul ne me parait pas trop mauvais au final…Ce n’est pas un objet jetable comme d’autres qui nous encombrent par milliers dans notre quotidien.

  6. Matthieu

    Très bien, vous faites au mieux, il y a parfois des choix qui s’impose à nous.

    Mais je trouve mon intervention importante, car il faut poser les problèmes dans leur ensemble, comme parler des ruches plastiques en prévenant aussi des conséquences sur l’environnement.

    Bien à vous.

    1. Fred l'Apiculteur Auteur de l'article

      Je commence d’ailleurs l’article par  » C’est vrai que de nos jours , le plastique est souvent, et à juste titre, décrié et mis au ban de la bonne conduite écologique. »
      Ça dit clairement ce que ça veut dire, mais il est vrai que ce n’est peut-être pas assez appuyé, en effet… :/

  7. jay

    Fred, j’ai pesé un corps de ruche en bois que j’avais de vide, et l’équivalent en Nicot, 3,8 kg de différence… y’a pas photo… même si j’adore le bois… je laisse mes hausses en bois par contre !

  8. a f

    Bonjour,

    J’ai lu que les colonies en ruche 12 cadres sont plus robustes.

    D’accord ?
    Pas d’accord ?

    Si avantage il y a, y aurait-il preneur pour les ruches Dadant Plastic Nicot 12 cadres ?

  9. stef

    Bonjour, je suis en haute montagne dans les Pyrénées (de 1200 m à 2080 m en été uniquement) durant l’hiver, il fait très froid, l’été le soleil tape dure sur les ruches.
    Ma question croyez vous que je puisse mettre des ruches Nico?
    Merci a tous

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