Autopsie de ruche morte en hivernage, le retour!

La période est malheureusement propice à la découverte de ruches « désertées » par leurs abeilles. Et comme souvent, seul un examen minutieux permet de dégager une cause à ces mortalités.

Rappel: les détails sur la méthodologie se trouvent dans cet article

Chronologie de ce nouveau cas: apiculteur débutant ayant traité vers la fin juillet avec des lanières Apivar mais ayant aussi réalisé le traitement avec des lanières ukrainiennes sur un certain nombre de colonies. Ces lanières sont dosées à 6,75 mg d’amitraz et 0,8 mg de thymol et doivent appliquées sur une durée de 36 jours. On est loin des 500mg d’amitraz et 12 semaines de contact de l’Apivar. A la rigueur, plusieurs traitements d’affilée pourraient avoir un impact intéressant sur l’acarien mais un seul est clairement insuffisant! Résultat; des colonies fortes en fin d’été qui s’effondrent entre le 15 décembre et le 15 janvier.

On ne répétera jamais assez également qu’il est impératif de traiter toutes les colonies d’un même rucher avec le même protocole sous peine de voir celles traitées correctement réinfestées par les autres!

L’apiculteur a envoyé par la poste des portions de cadres ayant contenus le dernier couvain ainsi que les abeilles mortes ramassées sur le plancher de ruches à Renaud Lavend’homme qui s’est proposé de les examiner.

L’examen superficiel des cadres montrent les désormais bien connus cristaux de guanine (déjections du Varroa)

L’horodatage des photos n’est pas exact ! 😉

Ensuite, le couvain restant est examiné. Dans ce cas, Renaud a désoperculé 10 nymphes de chacun des 3 cadrons fournis (30 nymphes au total): il y avait un Varroa (ou plusieurs) dans toutes les cellules, sans exception (100% d’infestation) !

La langue tirée des nymphes âgées et/ou en émergence est aussi un symptôme important à relever.

Renaud a ensuite lavé les 250-300 abeilles mortes fournies par l’apiculteur et a pu, après filtration du surnageant, dénombrer pas moins de 70-80 Varroa!!!

Le constat est sans appel! On ne rappellera jamais assez que Varroa destructor est la cause la plus probable lors de mortalités hivernales; c’est celle-là qu’il faut d’abord écarter avant de vouloir aller casser de l’agriculteur…ou de se réfugier derrière les pertes de reine à l’automne.

Renaud signale enfin que sur la vingtaine d’autopsies pratiquées, une seule mortalité n’était pas liée à Varroa


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5 reflexions sur “Autopsie de ruche morte en hivernage, le retour!

  1. soufi

    Oui! le varroa devient un fléau en Europe .L’année 2019 est l’année où le varroa a tué beaucoup de ruche .Ici en Algérie ,nous n’avons pas encore atteint ce seuil mais les abeilles sont locales.Le meilleur apiculteur qui traite ses ruches ne le fait qu’une fois par an.

  2. Michel liechtele

    Bonsoir Fred ,
    Tu as raison , il faut parfois mettre les pieds dans le plat .. de pratiques d’apiculteurs ..merci à Renaud pour son travail aussi .. .il s’agit tout à la fois d’ouvrir les yeux , ( même si c’est dur) d’essayer de ne pas maltraiter ses colonies ( personnellement le les aime les abeilles autant que mon chat et pas seulement pour qu’elles le donnent du miel … ) et de penser un petit peu aux voisins apiculteurs. C’est pas trop demandé non ? ( je suis un peu trop optmiste peut être ou naïf ? Ou….). Bien toi et belle fin de semaine Michel

  3. Olivier Dnf

    Je n’arrête pas de le répéter et on me dit que j’ai le discours de la fnsea ……. Il y a qu’à voir ce qui tombe quand on fait de l’ao après un traitement aux lanières…

  4. Leroy Robert

    Bonjour Fred, Le varroa est le pire fléau pour nos abeilles. Pour cette raison, il faut que nous soutenions Arista Bee, qui se dévoue corps et âmes pour produire des reines VSH. Un tout grand merci à Renaud, pour son travail et son
    dévouement, à cette cause.

  5. Leroy

    Bonjour,
    même constat sur mes colonies, fin juillet 9 ruches traitement lamelles apivares sur toutes mes ruches , aujourd’hui il me reste 2 ruches vivantes , une hécatombe !!!
    J’ai constaté les même symptôme que sur les photos ci-dessus, il y a t’il une résistance de certaines souches de varroa?

    L’été à certainement été propice pour affaiblir mes ruches, manque de nourriture, 2 à 3 fois nourris avec quasi que des reines de l’année. J’ai constaté également beaucoup d’essaimages sur l’année, ont ils été de bonne qualité ?
    J’espère que les 2 restantes vont tenir le coup, avec cet hiver humide et peu froid.

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