Autopsie d’une ruche morte en hivernage

L’hiver est désormais la période noire pour l’apiculteur; la majorité des pertes de colonies se produisant, en effet, pendant l’hivernage.

Le scénario est systématiquement le même; des ruches dynamiques et populeuses en fin d’été, des réserves en suffisance et à partir de novembre/décembre, c’est la catastrophe, ces mêmes ruches se retrouvent vides d’abeilles. Parfois on retrouve une petite boule d’abeilles avec la reine, et souvent, un restant de dernier couvain. On remarque également des cadres bien fournis de nourriture, mais dans bien des cas, l’apiculteur ne peut jamais fournir de données montrant l’efficacité de son traitement contre Varroa (quand il a été fait!).

Dans ce genre de situation, chacun y va de sa théorie pour expliquer le désastre: pesticides remontés par les CIPAN butinés en arrière-saison, qualité des reines, sirop d’hivernage de mauvaise qualité, environnement dégradé, empoisonnement, « c’est les ondes GSM », « on aurait du nourrir au miel », « c’est une pulvérisation par l’agriculteur du coin »,… mais jamais le varroa n’est évoqué comme cause plausible; « j’en ai très peu dans mes ruches, je n’en ai pas vu sur les abeilles!!! » ….

Qu’en est-il réellement? Sur quels éléments objectifs se reposer pour dégager une cause plausible? Que peut faire l’apiculteur pour analyser le problème de manière objective et rebondir pour ne plus avoir ces mortalités la saison suivante.

Pour rappel, j’ai moi-même été victime de ce déroulé d’événements pendant l’hivernage 2016-2017.


En ce début d’hiver 2018-2019, des mortalités sont déjà d’actualité. Renaud Lavend’homme, conférencier apicole bien connu entre autre pour son implication dans le projet Arista Beeresearch, s’est proposé pour « autopsier » une colonie victime de ce mal hivernal. Disposant du matériel nécessaire pour mener à bien cette opération, il nous propose une série de documents, photos et vidéos, afin de résoudre cette énigme. 

Voici tout d’abord l’état général des cadres de la colonie morte en ce début d’hiver. Un peu de couvain clairsemé, des réserves de miel et pollen en suffisance, peu d’abeilles mortes retrouvées dans la ruche. Constat très classique…comme le témoignage du propriétaire de la ruche:  
« Intrigué par l’absence totale d’abeilles devant une de mes ruches, j’ai voulu regarder à l’intérieur et là, elle était vide. Pourtant pleine de réserve et très active lors de ma dernière visite d’automne. Je suis extrêmement contrarié et attristé. Quelqu’un aurait une explication? Merci »

Cette annonce a été publiée sur le groupe facebook « Abeille noire des  
hauts de France
« . Comme le cas était complexe pour un apiculteur  
lambda, ce groupe n’a pas hésité à être très créatif en suggérant à  
l’apiculteur d’envoyer son cadre par la poste pour analyse par une  
personne plus expérimentée….bref une belle chaîne de réactions  
positives qui a abouti un excellent travail pour le bien des abeilles.  
Remercions le groupe « Abeille noire des hauts de France » pour cette  
initiative. 😉

1/ lorsqu’on a une ruche morte, la première des choses est de prendre le couvain restant, de le coucher à 45 degrés et de l’observer avec une lampe rasante, pas besoin de binoculaire/loupe.

Les images ci-dessous ont été prise avec un simple GSM. On remarque immédiatement de petits points blancs sur les parois de la grande majorité des alvéoles, l’oeil inexpérimenté conclura à des cristaux de sucre. Ce sont en fait des cristaux de guanine, qui ne sont rien d’autre que des déjections de Varroa destructor !!!

2/ voici ensuite des images sous binoculaire avec caméra prises avec un angle de 45 degrés environ pour bien distinguer les déjections. Toutes les cellules en contiennent …



3/ Ensuite, le couvain restant est désoperculé afin de confirmer nos premiers soupçons.  Le suspens est de courte durée! Dans ce cas, Renaud n’a trouvé que 3 nymphes non infestées sur la trentaine de cellules désoperculées, soit un couvain environ à 90% infesté…

La langue tirée est un des symptômes d’une mortalité par infestation massive de Varroa. Et la présence de cristaux de guanine indique clairement qu’il y a de la « compagnie » dans l’alvéole…

Une petite vidéo pour terminer:

CONCLUSIONS: 

Peu de doutes, nous avons ici un cas typique d’effondrement de colonie par infestation massive de Varroa destructor malgré un traitement d’été à l’acide formique. Au risque de me répéter, traiter est une bonne chose mais il faut également s’assurer que le traitement a été efficace par des comptages réguliers.  Le suivi de l’infestation est une action primordiale, surtout en fin de saison et à fortiori depuis la mode des CIPAN qui ne font que booster les colonies à un moment très critique; qui dit beaucoup de couvain après le traitement d’été, dit reproduction exponentielle des Varroa résiduels. 

Selon Renaud, et je suis d’accord avec lui: « 80% des mortalités hivernales – et même + – rejoignent ce cas. Je ne prêche  que la vérité! » 

Mes remerciements à Renaud Lavend’homme ainsi qu’à Nicolas C. pour ses photos,  l’envoi des cadres à analyser et sa démarche critique pour rebondir dans son apiculture.

NB) il est effarant de lire certains commentaires à cet article, je ne veux d’ailleurs plus y répondre…Face à l’évidence, que puis-je encore ajouter??? On a beau avancer des preuves irréfutables, des photos plus que parlantes,…et bien non, il y a encore des « Oui mais, les pertes hivernales, ce sont les pesticides! » Bien sûr que les pesticides ne sont pas favorables aux abeilles, personne ne le conteste! Mais en cas d’intoxication , on retrouve souvent des tapis d’abeilles mortes au fond, ou devant les ruches. Ce n’est pas le cas dont on parle ici et, de loin, pas le cas le plus fréquent!

Les vendeurs d’essaims ont encore de beaux jours devant eux!

« Montrez la lune à une foule, les idiots regardent le doigt… »

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32 reflexions sur “Autopsie d’une ruche morte en hivernage

  1. Laurent Clavé

    Très très intéressant et avec des preuves à l’appui.
    Je dois retirer mes languettes d’apivar (ça bosse jusqu’à début novembre chez nous, je ne peux pas les mettre avant 🙁 ) et je vais placer les langes pour vérifier l’efficacité du traitement.
    Merci beaucoup pour cette piqure de rappel très efficace 🙂
    Et de tout cœur avec ceux qui perdent déjà des colonies 🙁

  2. BLEROT Jean-François

    Un tout grand merci pour cette étude très instructive et des photos « superbes ».

  3. Yvane

    Merci pour ce document très intéressant. Je regarderai mieux l’intérieur des alvéoles désormais ! Malheureusement, lorsqu’on dit à un apiculteur que ces ruches sont mortes à cause du varroa…Ils ne veulent pas y croire

  4. NAZCA37

    Très bon article effectivement sur une situation désormais classique et auquel il n’y a rien à ajouter.

    Pour compter les varroas, les chutes sur lange graissé peuvent donner une idée de l’infestation en première approximation.

    Etant médecin je suis très surpris que le traitement principal conseillé intervienne toujours en fin de saison à un moment d’infestation maximale.Imaginer cette attitude en médecine humaine, même toute proportion gardée, vous aurez des patients au plus mal et des médecins devant les tribunaux.

    C’est AVANT la saison,au début de l’infestation, qu’un traitement aura le maximum d’efficacité et à ce moment il n’y a pas beaucoup de choix.

    J’ai traité mes deux ruche rescapées (6 perdues sur huit en 2017) 28 jours en Mars (amitraz) avec disparition complète des chutes de varroa en trois semaines (350 environ, soit potentiellement 10000 fin Juillet) et la principale ruche s’est ensuite très bien comportée: 50 kg de miel et création d’une nouvelle colonie ( l’autre qui est loin de chez moi chez un ami qui voulait des abeilles dans son jardin est une souche essaimeuse qui de ce fait « résiste » mieux au varroa mais ne produit que très peu de miel ,ce qui n’est pas grave, a condition de controler autant que possible son degré d’infestation et donc de dissémination de varroas).

    Malheureusement, j’ai un peu négligé la nouvelle infestation que nous constatons tous à l’automne. Résultat : pour la ruche principale plus de 1000 varroas tombés à partir de début Octobre (traitement trop tardif pour les abeilles d’hiver) avec un traitement de contrôle à l’amitraz qui intervenait après un essai d’application de lingettes d’axide oxallique en septembre.

    Les varroas « tombent » toujours aprés le retrait des lanières au 15 Novembre, entre 2 et 4 par jour et j’ai des doutes sur la survie hivernale de cette ruche. Peut etre une « douche » d’acide oxallique fin décembre ?

    Deux conclusions : le Varroa demeure présent toute l’année et peut détruire une bonne ruche rapidement, surtout si elle a beaucoup de couvain pour la saison.

    Ensuite nous devons revoir nos stratégies de traitement, en privilégiant le traitement d’hiver ou début de saison, et ensuite dés le mois d’aout si nécessaire ,en surveillant au moins une fois par mois ce qui ce passe entre les deux.

    Bien sur il n’est pas interdit bien au contraire d’utiliser les autres moyens habituels et en particulier les méthodes bio techniques ( créer des colonies de réserve pour diminuer la pression et pour compenser les pertes, soit au moins deux ou mieux trois colonies pour cinq ruches).

    Je précise que je refusais l’utilisation de l’amitraz dans les ruches mais après avoir un peu tout essayé et perdu bien des colonies je ne vois plus très bien comment m’en passer aujourd’hui, au moins ponctuellement (quatre semaines c’est deux cycles de couvain fermé).
    Les durées d’application conseillées , 6 à 12 semaines! , en plus des résidus toxiques, vont inéluctablement provoquer des résistances vis à vis du seul traitement réellement curatif que nous avons encore lorsqu’il s’agit de sauver une ruche,et ces résistances sont vraisemblablement déja présentes.

    Ceci étant dit les conditions environnementales catastrophiques que nous connaissons presque tous compliquent sérieusement les choses mais raison de plus pour être plus vigilant et rigoureux malgré l’incertitude où nous sommes que cela suffira à sauver nos ruches.

    Merci Fred pour ce super site et les informations et questionnements qu’il nous donne.

    1. Fred l'Apiculteur Auteur de l'article

      Bonjour,
      Merci pour ce message. Ici, le Varroa se développe le plus à partir de la dernière quinzaine du mois d’août jusqu’assez tard si la météo permet l’entretien d’un couvain abondant. Pour mes travaux avec Arista, j’ai screené pas mal de colonies au sucre glace début juillet avec un très faible taux d’infestation (~=100V/colonie) malgré une absence totale de couvain (mise en cage des reines 24 jours). Ces mêmes ruches (débarrassées de + de 90% de leurs varroas) ont montré des infestations lourdes à l’automne (>50chutes/j pour les + touchées), ce qui prouve une dynamique tardive de l’acarien. J’en conclus que les traitements classiques d’été sont presque inutiles vu la charge ridicule à ce moment-là. Seuls les traitements de longue durée (10-12 semaines idéalement) couvrant les réinfestations automnales semblent efficaces. Avec les beaux automnes, les CIPANs,…il faut réadapter sans cesse sa façon de procéder. A+

    2. Mich

      merci pour les commentaires , cela fait progresser.Je perds en moyenne 60 à 90% de mon cheptel tous les deux ans. J’ai remarqué que les ruches « non valeur » passant l’hiver tant bien que mal produisait très bien l’année suivante puis s’effondrait l’année d’après et…
      J’utilise aussi Amitraz après moult essais. Finalement, j’en suis arrivé à la conclusion qu’il faut « a minima » produire un essaim par ruche donc pour 10 ruches de production en avoir au moins 20 en fin de saison. Evidemment , cela implique beaucoup de matériel , de travail , traitement et nourrissement supplémentaires …avec un manque de production. Si trop de ruches passent l’hiver, réunion en début de saison…Les traitements devraient je crois aussi être appliqués que le malade est encore en forme et non à l’agonie. L’an prochain je sortirai des carcans proposés. bon courage. Mich Mich

  5. Liechtele Michel

    Merci Fred pour ce très détaillé exemple des catastrophes que provoque le varroa ! Ton blog sur ce sujet devrait être enseigné … d’ailleurs j’alkais te demander si il était possible pour moi qui suis enseignant dans un rucher école en France ( Strasbourg) d’utiliser l’une ou l.autre de tes diapositives pour illustrer un cours sur le varroa ? Merci Michel

  6. Jacques Dinsart

    Bonjour,
    Bravo et félicitations pour ce travail remarquable.
    Une question qui me taraude depuis des années:
    En gros avant 2000, j’ai constaté plusieurs fois chez des apiculteurs de la section, des mortalités massives ou totales.
    Devant les ruches, des tas d’abeilles mortes. Il était facile de constater des cadavres difformes, pas d’ailes, thorax atrophié,….C’était donc certainement du au varroa!
    Si je comprends bien maintenant , les abeilles victimes du varroa meurent « sur la lune » Pourquoi ne retrouve-t-on pas les cadavres des 10000 abeilles de septembre octobre? Où sont-ils?
    Précision; l’année 2000 est approximativement celle de l’apparition des néonicotinoïdes!!
    Bizarre non?

    1. Fred l'Apiculteur Auteur de l'article

      Bonjour,
      Le problème de nos abeilles ne se limitent pas à un seul facteur, vous le savez aussi bien que moi. Et les choses ne s’arrangent pas…La situation en 2000 n’était pas la même qu’aujourd’hui.
      J’ai l’impression que les abeilles sortent de + en + tard dans la saison, beau temps et cipan! Ceci explique peut-^tre partiellement cela, les abeilles virosées, affaiblies vont mourir dehors plus certainement que dedans.
      Ça devient compliqué l’apiculture… :-(((

      1. Jacques Dinsart

        ok 2000 n’est pas 2018.

        La différence , c’est l’apparition des néonicotinoïdes.

        Pourquoi tout d’un coup, les abeilles auraient-elles choisi de mourir « sur la lune »? J’aimerais une explication scientifiquement crédible. Je pose la question depuis des années. J’attends

        Je souhaite grand succès à Arista bee, bien sûr, mais l’abeille hygiénique supportera-t-elle ces pesticides?

        1. Fred l'Apiculteur Auteur de l'article

          C’est certain que ces molécules ne sont pas très bonnes pour les abeilles(c’est un euphémisme)…des études ont d’ailleurs démontré qu’elles avaient une influence neurologique sur les butineurs. Une résistance à Varroa ne permettra pas de pallier un environnement qui n’est peut-être plus assez accueillant pour la vie…

          1. Maxime

            Pourquoi les abeilles iraient elles mourir dehors en janvier ? Cela n’a aucun sens…

          2. Fred l'Apiculteur Auteur de l'article

            Les viroses et autres pathogènes transmis par Varroa (dont le A.P.V. = Acute Paralysis Virus), ça vous dit quelque chose?
            Puis les dépeuplements massifs, ce n’est pas en janvier mais fin novembre- décembre… Remettez-vous en question!

  7. Fanfoué

    Merci a Fred et a vous tous pour vos retours d’expérience, la lutte contre varroa est a mon avis aussi notre problème numéro 1. Je rejoins Mich Mich sur le fait qu’il faut faire un maximum d’essaims et réunir au printemps si ils passent tous bien l’hiver. En fait j’ai très peu de perte de colonie en hiver, il s’agit généralement de colonie bourdonneuses (reine morte ou qui ne redémarre pas sa ponte au printemps, peut-être à cause des traitements anti-varroa d’ailleurs…). Je ne garde pas les reines plus de deux ans et je fais le maximum d’essaim à la mi-juillet après la dernière récolte. Apivar pour toutes les colonies dès le 15 juillet pour 12 semaines, puis comptage des chutes de varroa et traitement à l’acide oxalique fin décembre pour les colonies qui ont une chute de plus de 2 varroa par jour. Et bien sur nourissement important au sirop jusqu’au 15 septembre jusqu’à dépasser 30 kg par ruche en pesée latéral (droite + gauche), et candi par sécurité dès début janvier. Ce protocole marche bien jusqu’à présent, je croise les doigts pour que cela continue car on n’est jamais sûr de rien!
    Bien à vous, Fanfoué

    1. Maxime

      Oui… le fait que plus de 80% des insectes aient disparu à cause de la chimie n’est pas notre principal problème… c’est donc le varroa qui a décimé les vers luisants, les papillons ou les libellules… et maintenant varroa s’attaque aux perdrix grises et aux hirondelles ! Réveillez vous, il est déjà trop tard !

  8. Gwendal Danse

    Très bonne idée de communication, très bien expliqué et bien argumenté!
    Ce qu’il faut retenir c’est que :
    Si le suivi post-traitement n’est pas fait, nous prenons un gros risque à l’hivernage! En effet même après apivar ou apitraz ,il faut checker pour savoir où en est!
    Deuxièmement, pour les bios il faut passer à la bi-thérapie avec un traitement après le miellée d’été puis un deuxième à l’hiver « hors couvain »!
    L’autre point est que ce n’est pas prouvé que les cipan fasse remonté de façon létale pour les abeilles des résidus de traitement enrobé, et qu’il faut vraiment arrêté d’accusé les agri de tous nos maux…alors qu’il faut balayer devant nos portes…quand il y a absence de traitement, ou un traiteement hors AMM, mieux vaut se la mettre en veilleuse plutôt que d’aller incriminer les agri de mauvaise pratique …

  9. Zabeille

    Un grand merci pour cette étude, pour moi mes ruches mortes au printemps a été du au froid (1000m) mars très chaud ,jolie ponte puis gelés – 16 pendant 3 semaines elles se sont sacrifiées pour chauffer le couvain , après avoir consommé les réserves attenantes
    Elles sont mortes de faim.

  10. Egide Cunegatti

    Meilleurs voeux à vous tous.
    Petite question à deux euros…….
    Après la perte d’une ou plusieurs ruches due à mister varroa,
    que faire de ces cadres?La remise en service de ceux-ci
    tels quels est’elle possible ou la destruction est’elle préférable?
    Bravo au temps que vous passez pour faire ces réponses au courrier,
    articles,vidéos et j’en passe.
    Merci,Egide.

    1. Fred l'Apiculteur Auteur de l'article

      Bonjour!
      Meilleurs voeux!
      Pas de problème à réutiliser les cadres à condition d’être certain qu’il n’y a pas d’autres pathologies.
      A+

  11. Sandrine Maon

    Bonjour Fred,
    Encore un super article de ta part et en plus très intéressant comme première analyse.

    J’aurais un service à te demander.
    Au mois de mars, je donne une présentation sur mes traitements (uniquement bee vital) contre le varroa à Fernelmont et sur mes comptages quotidiens et ce qu’on peut en conclure.

    Je pense qu’il serait intéressant pour tout le monde de voir les photos que tu présentes, afin qu’ils sachent également quoi chercher.

    Es-tu d’accord que je reprenne quelque unes des photos (ainsi qu’une partie des explications) dans ma présentation? Bien entendu, la source sera citée.

    Merci d’avance

    Sandrine

  12. JPPau

    Bonjour,
    suite à la lecture du dernier numéro d »abeilles de France », un article de J Riondet nous renvoie sur votre blog à propos de l’impact du varroa sur l’hivernage des colonies.

    Intéressé, j’ai donc lu cet article. Les symptômes décrits sont exactement ceux que l’on constate sur le terrain, jusque là rein à dire.

    Cependant, c’est sur la conclusion que les doutes me sont apparus.
    Ite missa est, ite glorificando varroa, pourrait-on dire…

    Le varroa est donc la cause de l’effondrement des colonies en hiver à un taux de 80% et plus…
    Bien, bien, concert de louanges dans les commentaires…

    Mais Jacques Dinsart pose cependant une judicieuse question. Et oui, où sont les abeilles ?

    Apparu dans les années 80 en France, le varroa n’a cessé de se maintenir dans les ruches et de se renforcer. La stratégie constante depuis, a été de lutter chimiquement, comme d’habitude dirais-je, en agriculture.
    Plus de 30 ans plus tard, nous en somme toujours au même point, voire pire et nous incriminons encore varroa.
    Pour le moins, les différentes stratégies mises en place on fait preuve de leur inefficacité, et c’est peu dire.

    Cependant, des années 80, à environs la fin des années 90 (apparition des néonics, gaucho et cruiser et premiers effondrements sur les tournesols par exemple), les productions de miel par ruche étaient bien supérieures à aujourd’hui et les taux de mortalité hivernales oscillaient entre 5 et 10 % ! Pourtant en présence massive de varroas, comme aujourd’hui !!

    Point d’effondrement !

    En Bretagne, l’hiver 2017/2018, plus de 20000 essaims sont disparus au sens propre du terme. Des apiculteurs amateurs et professionnels ont été sévèrement touchés avec des pertes à auteur de 80 % pour certains, voire plus, et cela en ayant pour la plupart suivi les protocoles de traitement anti varroas préconisés.

    Prétendre dans ces conditions, que le varroas est la cause essentielle des pertes me semble totalement hors sol !

    Le Varroas a un impact, c’est certains, mais il est amplifié par les produits chimiques utilisés massivement dans l’environnement (sans parler des produits vétérinaires utilisés en élevage et qui ont également un impact. voir UNAF).

    Faire porter le chapeau à l’acarien (80% et +) me parait pour le moins être une erreur qui masque une réalité gravissime de notre environnement.

    Je pense bien évidement au rôle prépondérant du véritable cocktail des pesticides que doivent subir nos abeilles.

    Entre les graines enrobées, les fongicides SDHI, et même le glyphosate (voir dernière étude américaine à ce sujet publiée récemment), les abeilles sont constamment agressées et affaiblies.
    Il ne s’agit pas d’intoxication aiguës, mais chronique, à doses infinitésimales mais régulières. Les abeilles restant le plus longtemps au contact des molécules sont les plus susceptibles d’être touchées, abeilles d’hiver et surtout les reines.

    Ces molécules chimiques sont amenées à la ruche, dans les pollens, le nectar et même l’eau (de multiples études en font foi, voir le site de l’UNAF et d’autres).

    Nous, apiculteurs, nous organisons un autre cocktail à l’intérieur de ruches, par nos traitements et qui se rajoute au cocktail amené de l’ extérieur.
    Nous savons tous que l’amitraze par exemple laisse des traces, c’est à dire des molécules, dans les cires, le bois.

    Quid de l’interaction avec les autres molécules introduites dans les traitements comme l’acide oxalique ou autre ? Quid de l’interaction avec les molécules amenées de l’extérieur ? Cela a t’il déjà été pris en compte ?
    Quid de l’intoxication chronique de l’amitraze sur les reines et les abeilles d’hiver justement, dont l’exposition est longue (traitement+traces) ? ( voir étude UNAF sur les traitements en élevage et le passage sur l’amitraze, DL 50 : 50 µg/ kg).

    Bien sur, cela est invisible, pas le varroas. C’est beaucoup plus rassurant,de voir son ennemi !
    Et cela va dans le sens du vent et ne remet pas en cause l’agriculture actuelle…..A la grande satisfaction de Bayer, Syngenta et consorts ( voir « des abeilles et des hommes »)…

    PS : votre site est très bien réalisé et remarquable en bien des points.

    J’indique également que je lutte aussi contre le varroas, mais que j’ai des gros doutes sur l’efficience de cette façon de procéder tant qu’un virage drastique ne sera pas pris dans le type d’agriculture à laquelle nous sommes tous confrontés.

  13. Aleoduc74

    Bonjour,
    Je suis apiculteur depuis trois Année et fait parti d’un rucher école.
    Le varroa a bon dos pour la mortalitée de l’Hiver.
    Moi ce que je vois sur tout les Forum c’est la mort des colonies parfois trop de nourriture (probléme de pontes) et surtout trop de place dans les ruches pour passer l’hiver (pas de partition).
    Il y a aussi un fort pourcentage de probléme du a l’humiditée importante c’est derniére Année, Hiver doux et moin sec.Beaucoups de personne ferme le fond des ruches et l’humiditée fait des ravages.
    Mon avis bien sur, mais regardé autour de vous,le varroa oui mais nous aussi…(je ne parle meme pas des chimiques).